Le temple portatif . En or et en bois.

Nous sommes dans le désert. Les Hébreux sont sortis d’Egypte, d’esclavage.
Cinquante jours plus tard, ils reçoivent la Torah.
Et ils construisent un Temple portatif pour les accompagner dans leur traversée du désert, qui durera finalement 40 ans.
Au centre de ce Temple se trouve un coffre (avec sur le dessus deux chérubins qui se se font face) dans lequel sont rangés les rouleaux de la Torah. L’endroit le plus saint.

En quoi est fabriqué ce coffre ?
En or et en bois. En fait deux couches superposées. En bois à l’intérieur et en or à l’extérieur.
Quels symboles peut on y voir ?
L’or représente le cadre. L’or ne s’altère pas avec le temps. Il conserve toujours sa même allure, la même texture. Il est solide, inoxydable.
Stable. Immuable. C’est même une valeur refuge. L’or rassure.
 
Le bois c’est tout le contraire. C’est une matière vivante. Le bois bouge. Il gonfle, il se fissure, il se déforme. Il est perméable au temps. Mais surtout il se travaille. Il peut ainsi prendre de multiformes en résonance avec le travail de l’homme, du sculpteur.
 
Voici donc le message qui nous est envoyé.
La Torah fixe un cadre. Ce cadre ne bouge pas. Il est inaltérable. Et c’est l’extérieur, l’apparence. Ceci est représenté par l’or.
 
Et en même temps, à l’intérieur, il y a du bois. Une matière qui invite l’homme à le travailler. À fouiller les textes, à les modeler, les travailler. La Torah est une matière vivante, tel le bois, qu’il s’agit de travailler en permanence, d’étudier. S’approprier la matière. La faire sienne. En fait recevoir la Torah tous les jours.
 
Mais pas n’importe comment. Dans un cadre, celui fixé par le boîtier extérieur en or. Donc dans certaines limites.
 
Alors certains d’entre nous sont plus attirés par l’or, un peu contraints, figés, oubliant parfois que le bois les appelle, les interpelle, les attend.
D’autres sont obnubilés par le bois, par l’étude, par l’interprétation des textes et ont parfois tendance à oublier le cadre, qui pourtant est bien fixé et lui inamovible.
 
Entre or et bois, entre cadre – loi – limite et étude – interprétation – remise en cause il s’agit à chacun de trouver le bon équilibre, qui est souvent bien singulier et propre à chaque individu.
Du « en même temps » avant l’heure.
André Bensimon 

Catégories : Judaïsme