Je commence par vous livrer le secret : “Le secret du dynamisme israélien est que tout le monde a une mère juive”

La mère juive qui ressent une fierté excessive pour la réussite de ses enfants et les pousse toujours à se dépasser est une réalité.
La volonté de réussir, le goût de l’ambition, le sens de l’exigence font partie intégrante de la culture israélienne.
Essayons tout de même de mieux cerner :
Israël a développé une combinaison unique d’obstination et de résilience qui peut expliquer ses succès économiques.
Israël n’est pas seulement un pays, mais un état d’esprit.
A travers ses choix politiques et industriels c’est la spontanéité, la détermination, et la prise de risques qui caractérisent l’histoire du pays.
Les facteurs clés du développement économique sont son histoire, sa politique d’intégration des immigrants, ses ressources en R&D et le recours à la conscription.

Tout est résumé par Shimon Peres : ” Le plus prudent est d’oser “.

Une formule magique composée d’agilité d’esprit, faculté de rebond, débrouillardise et volonté désespérée de survivre. Rajoutez esprit critique et remise en cause permanente, sans oublier cet ingrédient catalyseur, déterminant  la “chutzpah” (difficile à traduire : le culot, l’aplomb).

Cinq éclairages pour mieux comprendre :
1) une histoire : le peuple du livre
Le peuple juif depuis sa création dans le désert du Sinaï et le don de la Torah n’a de cesse que d’étudier, lire, commenter, argumenter, revisiter les textes, chercher à les actualiser, et bien sûr les transmettre de générations en générations. Cet amour des textes, de l’étude, ce sens de la rigueur, cet exigence du débat contradictoire font partie des gènes du peuple juif.
Israël en 1948 ne démarre pas de zéro. Le nouveau pays à derrière lieu 3000 ans d’histoire, un héritage riche et profond. Une histoire et une culture.
2) il faut survivre
Israël n’a pas le choix. Le pays ne dispose pas de richesses naturelles, au contraire les terres sont arides, le climat sec, le pays manque d’eau, et de surcroît il est entouré d’ennemis qui lui font la guerre depuis le 1er jour et qui veulent jeter ses habitants à la mer. Alors dos au mur, face à l’adversité Israël n’a pas le choix, pour survivre le pays doit se montrer ingénieux, innovant, créatif, et il doit le faire vite.
Valerie Giscard d’Estaing avait trouvé la formule au moment de la 1ère crise pétrolière
“On n’a pas de pétrole mais on a des idées “.3) la richesse de l’immigration
Israël a construit une politique intelligente d’intégration de ses immigrants, considérant ces vagues successives comme une chance, une opportunité. Basées sur un socle commun (histoire, culture, cf point 1) ces vagues d’immigration ont enrichi le pays avec des expériences, des vécus, des savoir faire, des expertises différentes et complémentaires. Des mélanges féconds.
4) l’armée Tsahal
Tsahal crée en son sein plusieurs centres de R&D de haut niveau consacrés à l’innovation des technologies militaires. Ces technologies vont essaimer car elles sont duales, d’utilisation mixte, militaire et civile.
Pour développer ces centres il faut des hommes, et les meilleurs. Tsahal crée alors des unités d’élite comme l’unité 8200, Talpiot et le Mamsum.
Beaucoup de responsables de start up sortent de ces unités d’élite.
5) le programme Yozma
Yozma est le nom d’un programme israélien qui veut dire ” initiative “.
Yozma est le point de départ en 1993 de l’industrie du capital risque.
Ygal Ehrlich lance cette initiative.
L’état est initiateur.
L’état lance une initiative, crée un fonds de fonds.
Quand l’état donne 1, les investisseurs donnent 2.
Un partage des risques.
Si cela marche, l’investisseur privé peut racheter la part de l’état au prix de départ plus un petit intérêt. L’investisseur partage donc les risques, mais garde pratiquement tous les éventuels profits. Génial.
100 millions de $ au début. 3 milliards aujourd’hui. Plus de 50 sociétés de Private Equity israéliennes et de nombreux investisseurs étrangers américains, anglais, français, japonais, chinois…
André Bensimon (Papi Dédé)