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Hanouka commémore la délivrance de l’exil de la Grèce.

Mais de quel exil parle t-on ?

Le peuple d’Israël était présent sur sa terre, il n’était pas exilé en Grèce.
En effet il ne s’agit pas ici d’un exil d’ordre géographique mais bel et bien d’un exil spirituel. La domination hellénistique sur Israël était telle qu’elle engendrait une altération profonde de la société juive et un phénomène d’assimilation. L’adoption de la culture grecque éloignait les juifs de la Torah.
La révolte des hasmonéens c’est la révolte contre la domination grecque.

A cette époque la Grèce avait promulgué trois interdits. Parmi les 613 mitsvot, trois étaient interdites :

1. La célébration de Roch Hodech
2. La pratique de la mila
3. Le respect du Chabbat

Essayons de comprendre le sens de ces trois interdits, pourquoi juste ceux-là ?

Si on devait résumer par une seule expression le but assigné par la Torah à Israël ce serait : « la sanctification du monde »
Comme le dit Manitou : « Le but de l’homme est de rendre le monde habitable par D.ieu »
La cabale définit l’être selon trois dimensions :

1. Olam, le monde, l’espace
2. Chana, l’année, le temps
3. Nefech, l’âme, l’énergie

Une définition très proche de celle de la science : l’espace, le temps et l’énergie.
Sauf que pour les cabalistes l’énergie est à sa source d’origine spirituelle.

Alors Roch Hodech, qui marque l’apparition de la nouvelle lune, est le point de départ de la mesure du temps. La source de la sanctification du temps.

La mila correspond à la sanctification de la matière, en effet la sanctification du monde matériel commence avec la brit mila.

Quant à la dimension de l’âme, sa sanctification première est opérée par le Chabbat. Nous récitons bien dans la prière du vendredi soir « vayinafach », que l’on traduit par « il se reposa », de la même racine que « nefech », l’âme.

Et bien en interdisant ces trois mitsvot, la Grèce veut abolir les symboles même de la sanctification de l’être.
Pour la philosophie grecque il n’y a pas de projet divin qui transcende l’ordre naturel; la nature est une donnée parfaite à laquelle l’homme doit se conformer.
Pour la Grèce le principe spirituel est le savoir, un savoir horizontal embrassant tous les aspects de la nature mais sans les relier à une source divine.

Le deuxième verset de la Bible est lu par le midrach en faisant référence aux quatre empires (cf un autre article du blog) :

« Tohu » pour Babylone,
« Bohu » pour la Perse
« Hochekh » pour la Grèce
« Teom » pour Rome

Alors bien sur nous sommes surpris que la Grèce soit associé à « Hochekh » les ténèbres. En dépit de l’amour du savoir qui anime la Grèce, la Grèce est qualifiée d’obscurité.
Pourquoi ? On se serait attendu au contraire, à une comparaison avec les lumières.
Et bien la démarche de refus de sanctification du monde, sa fermeture à l’idée d’un projet divin, rend obscur le sens de la fonction de l’homme. Pourquoi alors est-il sur la terre ? Quel est son rôle ? Quelle est la finalité ? Et ceci malgré sa luminosité apparente, mais trompeuse.

Extraits de propos de David Saada, écrivain, commentateur de la Bible.

André Bensimon

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Catégories : Judaïsme