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Mais qu’est-ce que croire ?

En français le terme « croire » implique une certaine incertitude. « Je crois que… », mais je n’en suis pas sûr, pas certain. Cela sous entend un questionnement, une interrogation.

En hébreu c’est différent. La croyance, la foi se dit « émouna », de la même racine que « amen », que tout le monde connaît et dans toutes les religions.
Amen ne laisse pas de place à l’interrogation, au « peut être que.. » au « oui ou non ». Le mot « amen » est un acquiescement, une affirmation.

Au mont Sinaï, D.ieu s’est révélé au peuple d’Israël, en affirmant dans le premier des 10 commandements « Je suis l’Eternel ton D.ieu qui t’a fait sortir d’Egypte ». Dans le judaïsme il y a donc une rencontre avec sa foi. Il n’y a pas seulement une croyance dans un système duquel je suis détaché.

Et à nous de nous poser la question suivante : pourquoi l’Eternel se présente comme celui qui nous a fait sortir d’Egypte, comme un libérateur et non comme un créateur, celui qui a créé le monde, le ciel et la terre ?

Une réponse claire et de circonstance: au moment de la création du monde il n’y avait aucun témoin, donc personne n’aurait pu attester de cette présence divine. Alors que dans le désert, après la sortie d’Egypte, tout le peuple est réuni et témoin de cette révélation. Il y a bel et bien rencontre.

Il est à remarquer d’ailleurs que ce don de la Torah se fait devant tout le peuple, et pas uniquement à un prophète, comme on le voit dans d’autres religions (quelque soit son nom). Dans un tel cas, le prophète après s’être entretenu avec le divin devra porter la parole auprès du peule. Dans le judaïsme, pas d’intermédiaire, pas de doute possible.

La croyance est une rencontre directe

Le mot « émouna » s’écrit avec trois lettres, trois consonnes, ce qu’on appelle la racine, la « chorech » en hébreu. Et c’est à partir de cette racine, qu’on va décliner toute une série de mots avec des sens différents, en rajoutant des voyelles ou certaines consonnes. C’est ainsi que la langue hébraïque est constituée, architecturée.
Les trois lettres principales de « émouna » sont donc le H, le M, et le N, en hébreu le alef, le mem, et le noun.
Et bien avec cette racine trilitère on peut former les mots « éduquer », « entrainer » et « fidélité ». La croyance juive s’articule ainsi autour de ces trois notions. C’est une éducation, on reçoit un héritage. Puis on s’entraîne, on agit, on fait, on essaye, on réussit, on échoue, et on réessaye.

Et bien sûr il s’agit de rester fidèle à cette loi donnée au mont Sinaï.

« Oumane », de la même racine (H,M,N) veut dire en hébreu « un artiste », quelqu’un capable de transformer ce qui est au fond de lui même en réalité physique. Donner corps, réalité concrète à un potentiel. De la même façon il s’agit de transformer en réalité, en actes concrets tout un système de croyance. C’est cela la croyance juive, une rencontre qui donne vie à des actes quotidiens.

Extrait à partir de propos du rabbin Didier Kassabi.

André Bensimon

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