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Marcher à côté de D.ieu, devant D.ieu ou contre D.ieu.

Trois héros de la Bible, trois comportements différents vis à vis de D.ieu, trois relations au divin différentes.

 

Noé marchait à côté de D.ieu, avec D.ieu.

Il faisait ce que D.ieu lui demandait, exactement ce qu’il lui demandait. Ceci lui vaut d’ailleurs le titre de tsadik.
D.ieu a demandé à Noé de construire une arche et d’y mettre juste sa famille et des animaux et l’informe qu’il va détruire la terre et tous ces habitants à l’exception de ceux montés à bord de l’arche. Noé va construire cette arche. Cette construction va prendre 120 ans et bien durant cette longue période, cette éternité, à aucun moment Noé ne va plaider la cause des hommes, demander une certaine indulgence, non, il va obéir aveuglément, il va exactement faire ce que D.ieu lui dit sans aucune discussion.
Voilà un style. Un comportement. C’est déjà pas mal. « À côté de D.ieu ».

 

Abraham marchait devant D.ieu.

Certes, il faisait ce que D.ieu lui demandait, rappelons nous l’épisode de la ligature d’Isaac. Il prend, sans hésiter, son fils, le mène à l’autel pour un sacrifice demandé par D.ieu ; ici, il obéit aveuglément, il montre sa foi inébranlable, sa confiance entière en D.ieu et il ne sera pas déçu, nous connaissons tous l’heureux dénouement de cette aventure.
En revanche, lorsque D.ieu décide de détruire Sodome et Gommorhe, Abraham intervient, il conteste la décision divine, il entre dans une négociation, il essaie de sauver les habitants de ces villes. Il marche alors devant D.ieu, il va plus loin que sa décision, il la remet en cause, il conserve intact son libre arbitre et a le culot, la « houtspa », de marchander avec D.ieu.
Un autre style, un cran plus loin, Abraham marche à côté de D.ieu certes et, de temps en temps, il le devance.

 

Moïse, le plus grand des prophètes d’Israël, va aller encore plus loin, franchir une étape de plus, il va aller contre D.ieu.

Le plus souvent, Moïse marchera avec D.ieu et d’ailleurs avec une très grande complicité rendant ainsi possible des dizaines, des centaines de miracles exceptionnels qui ont marqué la sortie d’Egypte.
Cependant, lorsque les enfants d’Israël feront le veau d’or, cette offense ultime à D.ieu, D.ieu décide de les anéantir. C’est à ce moment-là que Moïse s’interpose et va marcher contre D.ieu.
Il demande la clémence, propose sa vie en échange, se met en danger, il s’oppose à D.ieu ; une confrontation directe, violente, déterminée.
Là aussi le libre arbitre triomphe, une pensée libre, autonome, une conscience humaine ultime.
Et nous connaissons l’histoire, Moïse va faire changer d’avis D.ieu, il laissera vivre les enfants d’Israël. Encore un autre comportement, encore un cran supplémentaire.

 

À côté avec Noé, devant avec Abraham, puis contre avec Moïse.

 

Mais comment nous inspirer des ces modèles ?

Nous les communs des mortels, les anonymes, les enfants d’Israël, devons-nous obéir à D.ieu tout simplement comme Noé ?
Ou bien devons-nous montrer rebelle ? Remettre en cause parfois la décision de D.ieu, la négocier, chercher à l’amender comme Abraham, ou carrément à l’image de Moïse, la contester totalement, s’y opposer ?

La Bible nous dresse ici plusieurs comportements différents mais surtout une certaine progression.

Tout d’abord, obéir et en tout, devenir alors un tsadik comme Noé.
Puis, uniquement après avoir franchi cette étape, pouvoir se permettre de conserver son libre arbitre, écouter sa conscience et alors pouvoir tenter, à certaines occasions, des négociations, chercher à modifier certaines choses.
Et dans une phase ultime, que peu peuvent atteindre, se permettre là-aussi, à des rares occasions de s’opposer à D.ieu.

La recherche toujours de progrès, d’amélioration, de franchir des étapes, avec cette idée que l’obéissance à D.ieu et le libre arbitre peuvent coexister.

 

André Bensimon

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