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Chemini

 
Une célèbre blague juive :
Moïse est monté sur le mont Sinaï et a reçu les 613 commandements de l’Eternel.
Lorsqu’il a entendu « Tu ne cuiras pas l’agneau dans le lait de sa mère » un dialogue s’est engagé entre Moïse et l’Eternel.
Moïse dit à D.ieu: il ne faut pas cuire un agneau dans le lait de sa mère, alors ça veut dire qu’il faut attendre 3h pour manger du lait après avoir mangé de la viande, c’est ça?
Et D.ieu alors de lui répondre, mais non je n’ai pas dit cela, j’ai juste dit tu ne cuiras pas l’agneau dans le lait de sa mère. C’est tout.
Et Moïse enchaîne : alors il faut qu’on ait absolument deux vaisselles distinctes, l’une pour le lait, l’autre pour la viande.
Et D.ieu, mais pas du tout. J’ai juste écrit, tu ne cuiras pas l’agneau dans le lait de sa mère. Point.
Et Moïse, ah bon, mais alors à Pessah il faut aussi qu’on ait une vaisselle distincte, n’est ce pas?
Et D.ieu épuisé lui répond : tu sais quoi Moïse fais comme tu veux.
 
Cette histoire joue à rebours sur les lois traditionnelles, mais surtout elle rappelle une idée qui est chère à nos sages : la loi se construit dans une forme de dialogue entre l’humanité et le divin ; et le dialogue permanent qui existe dans notre tradition entre la loi orale et la loi écrite crée un partenariat sacré entre le transcendant et l’humanité.
Il nous revient d’interpréter tout comme Moïse, à travers les siècles, la loi, non pas pour la remettre en question, mais pour penser son adaptation et son interprétation pour être dans ce dialogue, dans ce au-delà de la loi, dans cette transcendance.
 
Et dans Chemini il est beaucoup question de cacherout. C’est la paracha des lois alimentaires.
Et beaucoup s’interrogent sur le sens de ces mitsvot. Sur leur « taam », leur sens. Ont elles une raison d’être? Pourquoi ces animaux? Pourquoi ces listes?
Mais penchons nous sur le nom de cette paracha : chemini. Littéralement « 8ème ».
Il est question d’un huitième jour et ça devient le titre de la paracha, celle de la cacherout. Pourquoi?
 
Mais que signifie le chiffre 8? Nous savons que chaque chiffre dans notre tradition a une signification bien particulière. Je vous renvoie vers l’article sur le sujet sur notre blog.
8 c’est 7+1. 7 c’est les 7 jours de la création. C’est la concrétisation complète. Le travail fini. Mais on reste dans le matériel, dans la réalité, dans la nature.
8 c’est au delà de 7, au delà du naturel. C’est le surnaturel. Un un peu plus que la création, plus que les lois naturelles du monde, de l’organisation de l’univers. Voilà pourquoi 8 est toujours le chiffre du miraculeux, du transcendant. 8 est associé bien évidement à Hanouka. On allume 8 bougies. La fête du miracle, du ness.
8 renvoie aussi à la mila, pratiquer le 8ème jour de la naissance. Une alliance entre l’homme et le divin. Entre le naturel et le surnaturel.
 
Alors il n’est pas étonnant que ce chiffre soit associé aussi aux lois de la cacherout?
Toute cette cacherout qui échappe à notre compréhension et qui est souvent le fruit d’un dialogue entre l’Eternel et l’humanité qui l’interprète, porte aussi d’une certaine manière la trace de ce huit, de ce un peu plus que la loi, d’un au delà, d’un transcendant, qui est le sens même de l’activité d’interprétation que l’humanité prend sur ses épaules après la révélation divine.
 
A partir d’une intervention de Delphine Horvilleur.
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Catégories : Judaïsme