Lorsque Ruth et Naomi arrivèrent dans le pays de Juda, la moisson battait son plein. Les deux femmes étaient fourbues de fatigue après leur long voyage. Ruth réussit à persuader Naomi de rester chez elle, tandis qu’elle se rendrait aux champs de Bethléem, afin de trouver quelque nourriture pour sa belle-mère et pour elle-même.

Ruth s’approcha d’un champ dans lequel de nombreux hommes étaient occupés à faucher le blé, tandis que d’autres le liaient en gerbes, l’entassaient sur les chars et le transportaient ailleurs.

D’une allure un peu hésitante, mais poussée par la faim et par la pensée qu’elle devait apporter coûte que coûte quelque chose à manger à sa chère belle-mère, Ruth entra dans le champ, s’assit et attendit sa chance.

Soudain, une voix agréable la fit sursauter : « Sois la bienvenue, étrangère. »

Ruth répondit à cet aimable bonjour. Elle était reconnaissante d’entendre la voix de cette sympathique personne qui continua à lui parler :

« Viens plus loin dans le champ. N’aie pas peur. Tu pourras glaner quelques épis et manger à ta faim.»

L’homme qui lui parlait était Boaz, le propriétaire du champ. Boaz était Juge d’Israël à cette époque.

Ruth le remercia et glana quelques épis. Elle allait repartir, lorsque la même voix aimable la pria instamment de rester un petit peu et de ramasser ce que les moissonneurs avaient laissé dans les coins du champ comme « Péah ».

« Qu’est-ce que la Péah ? », demanda Ruth.

Et Boaz lui donna l’explication suivante :

« Dans notre Torah, il est indiqué que lorsque le propriétaire d’un champ fait la moisson, il doit laisser un coin du champ pour les pauvres, les nécessiteux et les étrangers, pour qu’ils viennent récolter eux-mêmes et en profitent. »

Ruth ne cacha pas sa joie. Elle resta, coupa le blé dans un coin du champ et se prépara ensuite à aller chez elle. C’est alors que Boaz insista à nouveau en lui disant : « Il ne faut pas que tu partes déjà. Pourquoi ne resterais-tu pas pour profiter du Leketh » ?

« Leketh, qu’est-ce que cela ? », demanda Ruth à son interlocuteur.

« Suivant notre Torah, lorsqu’un moissonneur a manqué de couper le blé avec sa faux, il lui est interdit de recommencer, mais il est obligé de laisser le blé qu’il n’a pas fauché ou qu’il a fait tomber, pour que les pauvres et les étrangers puissent venir et le ramasser. »

Ruth ne dit rien mais ne vit aucune raison de ne pas profiter des lois de la Torah, qu’elle avait acceptées avec tant de plaisir.

Après avoir rempli tout un panier, elle se dirigea vers Boaz pour le remercier de sa gentillesse avant de partir. Mais Boaz lui dit gentiment qu’elle ne devrait pas encore partir, car il restait encore la « Chik’ha » à prendre.

« Les largesses de la Torah pour les moins fortunés sont illimitées ! s’écria Ruth. Mais veuillez avoir l’amabilité de m’expliquer le sens du mot « Chik’ha. »

« Lorsque le propriétaire d’un champ fait transporter le blé pour qu’il soit entreposé dans les greniers, il se peut que les ouvriers oublient quelques gerbes qui restent dans le champ. La Torah interdit aux ouvriers ou aux propriétaires de retourner pour les ramasser. Ces gerbes doivent rester pour les pauvres, les veuves, les orphelins et les étrangers. »

Ruth fut heureuse de la bonne chance qu’elle avait eue. Elle avait ramassé presque plus qu’elle ne pouvait porter. Naomi et elle avaient donc suffisamment de provisions pour vivre quelque temps. Elle remercia Boaz encore une fois et lui promit de revenir.

Ruth, toute émue, se hâta de rejoindre sa belle-mère. Une fois rentrée à la maison, elle lui raconta tout ce qui lui était arrivé dans les champs de Boaz. Naomi était heureuse du succès de Ruth et se réjouissait que sa belle-fille eût plu à Boaz, grand propriétaire et de noble famille. Elle dit à Ruth que Boaz était un parent d’Elimélekh.

Entre temps Boaz avait pris des renseignements sur cette étrangère, et il découvrit qu’elle était veuve et que son mari, qui était mort, était le fils de Naomi. Lorsque Boaz demanda à Ruth de l’épouser, Naomi lui conseilla fortement ce mariage.

C’est ainsi que Ruth fut récompensée d’une manière inattendue et devint riche et heureuse.

Ruth et Boaz eurent un fils, nommé Obed, qui fut le père de Yichaï (Jessé). Le fils cadet de Jessé était David – qui devint le roi bien-aimé du peuple juif et qui fut consacré par D.ieu.

Ruth « la mère » du Messie :

Donc nous avons compris que Ruth était l’arrière grand mère du roi David. Et tout le monde sait que le Messie appartient à la lignée du roi David. Le Messie est donc de la lignée de Ruth, une convertie…avec un sacré caractère, une détermination exceptionnelle, une foi et une sincérité absolues, un engagement désintéressé, une fidélité sans faille,…un tas de qualités qui en font une aïeule bien méritante.

Un très beau et très fort symbole.

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