Le Livre de Ruth fait partie des cinq rouleaux ou méguilot, qui se trouvent dans les Hagiographes ou Kétouvim (la troisième partie du canon biblique le Tanah, après la Torah et les Prophètes), et qui sont lus lors de quelques fêtes toraïques ou rabbiniques.

Chir hachirim, Cantique des cantiques : Chabbat et Pessah
Routh, Ruth : Chavouot (on lit aussi Michlé ou Proverbes, il vaut mieux traduire Paraboles)
Kohélet, L’Ecclésiaste : Soukot
Esther : Pourim
Ekha, Lamentations de Jérémie : 9 av

Pourquoi lit on le livre de Ruth à Chavouot ?

Dans de nombreuses synagogues, le Livre de Ruth est lu le second jour de Chavouot. Il y a plusieurs raisons à cette coutume :

1. Chavouot marque à la fois l’anniversaire de la naissance et de la mort du roi David et le Livre de Ruth retrace sa généalogie. Ruth et son mari Boaz furent les aïeux de David.

2. Les scènes de récoltes décrites dans le Livre de Ruth sont liées avec la fête de Chavouot appelée aussi « la fête de la moisson ».

3. Ruth fut une convertie sincère qui embrassa le Judaïsme de tout son cœur. Lors du premier Chavouot, tous les Juifs devinrent des « convertis » lorsqu’ils acceptèrent la Torah et tous ses préceptes.

Mais peut-être la raison principale pour laquelle nous lisons ce livre le jour de cette fête, réside-t-elle dans le fait que le récit de Ruth nous donne une description en termes vivants du Guer Tsédek, c’est-à-dire du converti. Chavouot est le jour du Don de la Torah et, lorsque nous l’avons reçue, nous nous sommes engagés, tout comme le converti, à suivre ses six cent treize commandements.

Un vrai Juif est à tout moment fier d’accepter sans hésitation la Torah et son merveilleux enseignement. Malgré toutes les difficultés, restrictions et responsabilités qu’entraîne, pour un Juif adulte, l’acceptation de la Torah, il sera toujours conscient du privilège d’appartenir au « peuple élu » de D.ieu.

Les juifs ne cherchent pas à convertir les autres hommes. Lorsqu’un Guer (non-juif), vient et dit qu’il veut devenir juif, notre Torah nous dit que nous devons attirer son attention sur toutes les difficultés et le poids des responsabilités qui pèsent sur tout juif dans l’accomplissement de la Torah. Nous devons lui montrer qu’il choisit là une voie difficile et une vie qui n’est pas vue favorablement des autres peuples. Si, malgré toutes ces considérations et avertissements, le non-juif persiste dans sa volonté de se convertir, nous pouvons être fiers d’accepter une telle personne parmi nous, car il sera certainement un juif dévoué et sincère.

Onkelos, l’auteur bien connu du Targoum (traduction araméenne de la Bible), était un Guer Tsédek, de même que Ruth.

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